Jeunesse : Bicéphalisme au parlement des jeunes du Nord Kivu.

Maurice Ndwiko 18, Septembre, 2018 54 vues

​​​​​​​La guéguerre de leadership au parlement des jeunes du Nord Kivu continue à se faire remarquer dans la gestion de cet organe de la société civile. D’un côté Ibrahim Ali Shako se dit être le seul speaker de cette structure pendant que de l’autre bout de la corde on voit un Johnson Ishara Butaragaza qui signe et persiste qu’il est reconnu par Kinshasa comme le président de l’unique parlement des jeunes en province. Les deux promettent de faire recours à la justice.

Ils sont tous jeunes, ils ont tous des jeunes derrière eux et ils jurent d’un même slogan ; si tel ne revient pas à la raison, la justice va trancher.

Face A, Ibrahim Ali Shako

Après avoir tenu à Goma une matinée de sensibilisation des jeunes sur les enjeux électoraux, Ibrahim Ali Shako a indiqué que le parlement des jeunes est un et unique ; « je suis le seul président du parlement des jeunes au Nord Kivu. Nous sommes là depuis cinq ans et nous sommes surpris d’apprendre par la voie des médias qu’il y a un autre jeune qui se dit être le président de ce parlement, cela n’est pas normal et encore moins sérieux, » a dit Ibrahim. Celui-ci ne minimise pas son contradicteur et estime qu’à son niveau il a pris le courage d’initier une procédure pour palabrer avec sieur Johnson Ishara Butaragaza. « De cette palabre devait sortir un consensus et sieur Johnson doit mettre fin à ses activités », a martelé Ibrahim Ali Shako.

 Ce jeune entouré des siens avise que son contradicteur a la possibilité d’intégrer le parlement des jeunes légal et il sera reçu ; « Il va remplir les formulaires comme tous les autres s’il rencontre tous les critères, il va prêter serment et nous allons l’accueillir. A défaut, c’est un comportement anti républicain de s’ériger en président du parlement des jeunes tout en sachant qu’en réalité, il existe une structure légalement établie. »

A la question de savoir s’il y a l’option de traduire en justice la partie qui se réclame légitime, Ibrahim Ali Shako n’exclut pas celle-ci. A l’en croire, si la palabre échoue à tous les niveaux, la justice va trancher : « vous savez la culture Africaine privilégie la palabre. Nous avons entamé ce processus, nos discussions sont en cours… mais si ceci n’aboutit pas on fera appel aux autres institutions, c’est notamment la justice » a insisté Ibrahim Ali Shako lui qui dit être président légitime du parlement des jeunes au Nord Kivu.

Face B, Johnson Ishara Butaragaza

La réponse du berger à la bergère n’a pas tardé à tomber. Johnson Ishara Butaragaza, par le biais du secrétaire rapporteur de son organisation insiste et persiste ; « nous avons tous les documents qui nous donnent le doit de fonctionner, et il n’est pas interdit aux gens de rêver. S’il y a des jeunes qui croient qu’ils ont l’autorisation eh bien qu’ils nous le prouvent !» s’est exclamé Vascos Saasita comme c’est de lui qu’il s’agit.

Le problème de document certifiant le fonctionnement de cette structure est-il aussi capital a ce stage ? Peut-être si ! Tout organisation de la société civile a le devoir de détenir des autorisations provinciales et ou nationales pour être pris au sérieux. Cependant une chose est certaine et le jeune Vascos Saasite le reconnait sans se gêner, la prééminence revient au parlement des jeunes, dirigé par Ibrahim Ali Shako. Ce parlementaire dit : « ce n’est pas le fait d’être ancien qui donne le droit de diriger, mais plutôt il faut avoir la reconnaissance de Kinshasa. Et nous qui servons derrière Johnson Ishara nous avons ces documents. » dans une petite phrase ce parlementaire ajoute : « s’il y a des jeunes qui ont la faiblesse pour les billets verts, c’est regrettable. Nous avons la mission d’organiser les élections et redynamiser les structures au sein du parlement des jeunes, c’est ce que nous faisons actuellement. A Beni, Butembo, Rutshuru et Masisi, on a déjà des parlements qui fonctionnent et bientôt nous allons organiser des élections pour remplacer notre comité provisoire qui n’a qu’une seule année de transition », a dit Vascos Saasita.

Guy kibira, Président du conseil provincial de la jeunesse, tranche

« Les deux franges, et une troisième d’ailleurs qui opèrent à Goma, ne peuvent pas engager toute la jeunesse de la province du Nord Kivu. Ces parlements, dits, des jeunes existent de fait et sont limités dans l’action car ils n’engagent que leurs membres », a déclaré Guy Kibira, président du conseil provincial de la jeunesse au Nord Kivu. À l’en croire, la scission vient de la rupture observée il y a peu à Kinshasa, entre Arthur Kayumba et Landry Mbanzu, deux têtes qui revendiquent la présidence du parlement des jeunes de la République Démocratique du Congo.


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