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Nord-Kivu

Nord-Kivu

Maurice Ndwiko 30, Mai, 2018 479 vues

Les contradictions surgissent encore autour de l'initiative de l'ONG Agence francophone des Ecolos, celle de proposer le découpage en deux de la province du Nord Kivu. La sécurité des populations est l'une des raisons avancées par le club Nyiragongo qui soutient l'initiative. En revanche, le collectif des notables du Nord Kivu mais aussi le Bureau d'études pour le développement de Walikale, BEDEWA, voient une main invisible et étrangère et un œil braqué sur les richesses de Walikale dans cette démarche.

Innocent Segihobe qui se dit être président du Club Nyiragongo, soutien que le découpage est différent de la balkanisation pour apaiser les tensions de ses contradicteurs. Pour lui, c’est une procédure légale." Les populations qui viennent du Grand Sud ne sont pas bien traitées dans la partie Nord de la province ! ", s'exclame ce fils de Rutshuru.

Il ajoute : "vous savez que partout dans la province on pointe du doigt les groupes armés comme appartenant chacun à une tribu. C'est d'abord une question d'État, une question de souveraineté. Si vous allez à Beni on vous dira que ce sont les enfants de Beni, si vous allez à Rutshuru on vous dira que ce sont les enfants de Rutshuru. Mais si vous impliqués les enfants de Rutshuru pour s'auto-développer, je crois qu'il y a de la chance que cette histoire tournée sur le tribalisme autour des groupes armés doit cesser.", motive Innocent Segihobe en insistant que l'initiative de l'ONG Agence francophone des Ecolos, celle de découper la province du Nord Kivu en deux parties, est constitutionnelle. "Il est permis à tout citoyen ou groupe de personnes d'initier un démembrement d'une province. C'est un droit est il n'y a rien qui lie notre démarche à une quelconque balkanisation. Notre seul souci, c'est de rapprocher les gouvernants des gouvernés," renchérit-il.  

Initiative digeste et indigeste

L’idée de diviser la province du Nord-Kivu en deux souleve les controverses entre les populations vivant dans la partie Nord et celle du Sud. Et presque tous les argumentaires de ce cadre pro-démembrement n'ont cependant pas été entendus d'une bonne oreille par le collectif des notables du nord Kivu. Jean Paul Lumbulumbu, son point focal, n'y voit rien de congolais (selon lui). "C'est un projet qui date des années 1980. Nous avons des documents qui montrent que depuis 1981, il y a des populations qui sont venues du Rwanda qui ont saisi le secrétaire général des nations unies pour demander un referendum d'autodétermination pour qu'on leur accorde la possibilité d'avoir un État ici à l'Est du pays, et cet État doit avoir comme étendue les territoires de Rutshuru, Nyiragongo, Masisi, Walikale et la ville de Goma." une révélation qui corrobore avec la demande de l'agence francophone des ecolos. La même partie du pays est en effet concernée par ce projet de découpage qu'initie cette ONG.

Certes, Jean-Paul Lumbulumbu ne mâche pas les mots en disant qu’il est le fils d'un Martyr de l'unité du Nord Kivu et de la RDC en général qu’il est prêt à se lever contre toute velléité qui va dans le sens de balkaniser son pays. " Nous nous opposons de la manière la plus farouche à toute idée d'où qu'elle vienne, parce que la scission va créer une zone de contrôle qui sera contrôlé par une communauté, et nous savons que ça permettra à ceux qui ont des velléités dans notre pays de s'exprimer facilement et annexer cette partie de la RDC au pays voisin », clame Jean-Paul.

…Nous resterons dans le Nord-Kivu

 D'après Jean-Paul, rien ne justifie le démembrement de la province. Même pas la sécurité surtout que toutes les tendances se retrouvent dans le gouvernement provincial. " La cohabitation est encore possible. Nous avons un gouverneur issu de Lubero, un président de l'Assemblée Provinciale de Rutshuru, un vice-gouverneur de Masisi. Ça, c'est le fruit d'une harmonie au Nord Kivu."

Ces idées rencontrent à moitié celle de la société civile de Walikale à travers le Bureau d'études pour le développement de Walikale, (BEDEWA). Prince Kihangi, Directeur de BEDEWA, voit une main invisible qui cherche à piller les minerais de Walikale. "On ne doit pas se voiler la face, la partie ouest du Nord Kivu est convoitée. C'est le nœud du problème. Et nous à Walikale nous n'avons pas besoin de collecter cent mille signatures. Notre NON c'est NON avec ou sans le nombre, nous sommes et nous resterons dans la province du Nord Kivu", fait savoir cet acteur de la société civile en ajoutant que les initiateurs de cette division sont des brebis galeuses et que le reste des communautés ont toujours vécu en harmonie : "c'est ça la force de la province".

Pour plus d’éclaircissement, Prince Kihangi rappelle que la tension qui refait sur face aujourd’hui, date des années 90 avec des mouvements qui voulaient à tout prix séparer la partie nord de la province à celle du sud. La goutte qui a fait déborder le vase, c'est l'application d'une note circulaire du gouverneur de province, sur avis de l'Assemblée provinciale, interdisant le déplacement des populations inconnues vers le Nord de la Province. Avant et après cette décision, plusieurs personnes de la tribu Hutu ont été interceptées à Butembo et Beni et empêchées de continuer leur route. Cette frustration est en effet reprise dans l'argumentaire des pétitionnaires pro-démembrement. Une frustration qui vise directement la tribu Nande majoritairement habitant la partie dite Grand Nord, et qui s’oppose aux migrations de ces populations.

  


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