Nord-Kivu : le gouvernement appelé à relancer l'économie des victimes des hostilités

Les guerres causées par les rebelles du M23 et ADF posent des impacts négatifs sur le plan économique et agricole dans la partie Est de la RDC en particulier et sur l'étendue du territoire national en général. Cette analyse émane du professeur Docteur Dady Salleh, analyste économique œuvrant dans la province du Nord-Kivu. Dans une interview exclusive accordée à www.emergence-groupe.com , il indique que lors des affrontements entre les FARDC et les groupes rebelles, plusieurs biens sont incendiés et/ou pillés par des assaillants.

Nord-Kivu : le gouvernement appelé à relancer l'économie des victimes des hostilités

Notre source n'épargne pas l'aspect agricole dont plusieurs champs sont envahis par les forces négatives qui se donneraient à la récolte des produits agricoles. Situation qui selon lui, accentue la pauvreté dans le chef des habitants agriculteurs. « La route Goma-Rutdhuru-Butembo était coupée pour un moment, il y a trafic et non seulement des personnes, mais surtout des biens et services. Cela n'a pas suffi, parce que pour l'instant il y a un peu de résistance de la part des commerçants. Il y a deux jours, sur la voie Beni-Kasindi, on a brillé encore des camions avec des marchandises et une cinquantaine de personnes tuées. Les effets sont clairs, mais il y a aussi d'autres effets agricoles. Il y a plus de cinquante mille personnes déplacées, or la plupart des gens cultivent et espèreraient récolter, ils ont perdu toute leur culture, parce que quelqu'un d'autre a récolté à leur place et la pauvreté s'accentue encore une fois. Car, tout simplement, quelqu'un qui a investi 1000 USD, 2000 USD, 5000 USD pour faire son champ à Rutshuru, Kibumba et ailleurs, vient de tout perdre, c'est peut-être par pillages, par des bombes etc. Là il a perdu non seulement le capital,  et comment il va manger. Economiquement les impacts sont là et malheureusement certains sont en cours, en moyen et en long terme. Comment ce cultivateur va encore cultiver parce que tout son capital est parti? » se dit le professeur Docteur Dady Salleh.

Pour pallier à cette problématique, cet expert à la matière préconise un soutien à toutes les personnes touchées par cette situation, afin de relancer leurs activités socio-économiques. Pour y arriver, il estime que la paix doit d'abord être rétablie dans les milieux respectifs des bénéficiaires. « Ces genres de guerres, surtout pas bien définies, posent trop de mal à la vie au quotidien de la population. Parmi les vraies solutions, c'est d'avoir la paix. Mainant, nous avons d'autres solutions, par exemple comment soutenir la population qui a perdu? Avant qu'ils soient déplacés, ces gens étaient comme moi et toi, ils travaillaient, il n'avaient pas besoin de l'aide, mais ils ont tous laissé. Ils ont Vu des morts, donc ils ont aujourd'hui besoin d'un soutien de la République. Il faut soutenir leurs Besness. Tout un plan, de redémarrage du Besness de tous les déplacés, tous congolais qui ont perdus, voilà là où nous voulons voir l'argent de l'Etat être orienté, comme par exemple avec le programme COPA où bon nombre d'entre les déplacés de gens qui ont perdus vont réfèrent le Besness et là encore nous allons reprendre le cycle de reproduction normale et on va nettoyer la pauvreté petit à petit, donc, c'est une occasion et une opportunité » estime le Professeur Docteur Dady Salleh.

Depuis plusieurs années, la population vivant dans la partie Est de la RDC fait face à une situation sécuritaire préoccupante causée par l'activisme des groupes armés nationaux et étrangers. À cause des hostilités, des milliers d'habitants, dont, des femmes et des enfants, sont sommés de fuir leurs milieux respectifs, vers des endroits qu'ils jugent mieux sécurisés. Certaines personnes ont perdus leurs proches et d'autres ont abandonné leurs services à la suite de cette situation funeste, causée  les groupes armés.

Jocel Kasereka Biryeka