Kasindi : le dialogue entre riverains et le Parc des Virunga apaise les conflits autour des terres agricoles

​​​​​​​Longtemps marquées par des tensions entre les communautés riveraines et les gestionnaires du Parc national des Virunga, les relations connaissent aujourd'hui une nette amélioration dans le secteur de Ruwenzori, en territoire de Beni. Les acteurs locaux attribuent cette évolution à une approche fondée sur le dialogue permanent, la médiation communautaire et la clarification des limites du parc.

Kasindi : le dialogue entre riverains et le Parc des Virunga apaise les conflits autour des terres agricoles

Dans la zone de Congo ya Sika, plusieurs cultivateurs affirment exercer leurs activités agricoles dans un climat plus serein depuis l'installation d'une clôture électrique servant de démarcation entre les terres agricoles et l'aire protégée.

« Depuis près d'une année, nous vivons en paix. Les écogardes respectent les limites et nous faisons de même. Lorsqu'un problème surgit, la société civile intervient pour faciliter le dialogue », explique Nzembule Juakali Augustin, représentant des agriculteurs de la zone.

Selon les habitants, cette nouvelle dynamique a considérablement réduit les conflits qui opposaient autrefois les communautés locales aux agents chargés de la conservation.

Les organisations de la société civile jouent désormais un rôle essentiel dans la prévention et la résolution des différends. Elles facilitent les échanges entre les riverains et les responsables du parc afin de privilégier des solutions consensuelles plutôt que les affrontements.

Du côté de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), cette démarche est pleinement assumée.

« Nous privilégions le dialogue dans un esprit de conservation communautaire. Notre approche consiste à définir les limites du parc avec la participation des populations et à résoudre les différends par la concertation », souligne Bienvenue Bwende, responsable de la communication et de l'éducation environnementale au Parc national des Virunga.

Au-delà de la protection de la biodiversité, l'ICCN estime que la conservation durable passe également par l'amélioration des conditions de vie des populations vivant autour du parc. Plusieurs ménages dépendaient autrefois directement des ressources naturelles de cette aire protégée pour leur subsistance.

Pour les agriculteurs comme pour les responsables du parc, le maintien du dialogue apparaît aujourd'hui comme la meilleure garantie d'une cohabitation durable entre les communautés locales et le plus ancien parc national d'Afrique.

Par la Rédaction