RDC : « Être femme, ministre et enceinte n’est pas un crime »

Dans une prise de position remarquée sur les réseaux sociaux, Passy (Nabintu) Mubalama, militante pour les droits des femmes et Directrice d’AIDPROFEN, a vivement réagi aux critiques visant la grossesse de la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Elle condamne une société encore marquée par le patriarcat et rappelle que « être femme, ministre et enceinte n’est pas un crime »

RDC : « Être femme, ministre et enceinte n’est pas un crime »
Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre des Affaires étrangères de la RDC

La militante féministe Passy Mubalama, figure engagée du Nord-Kivu et experte en genre et développement, s’est exprimée sur LinkedIn pour défendre la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, cible de nombreux commentaires concernant sa grossesse.

Dans un message devenu viral sur ces comptes des réseaux sociaux, Mme Mubalama fustige le double standard de la société congolaise vis-à-vis des femmes exerçant des fonctions publiques : « Être femme, ministre et enceinte n’est pas un crime. Une femme a le droit d’occuper les plus hautes fonctions de l’État et de décider du moment où elle veut être mère, mariée ou pas, c’est son choix, c’est son corps, c’est sa vie. »

Elle déplore une mentalité encore rétrograde où la valeur d’une femme est souvent mesurée à son statut matrimonial.

« Pourquoi, en 2025, continue-t-on à définir la valeur d’une femme par son statut matrimonial ? Pourquoi une grossesse devient-elle un scandale lorsqu’il s’agit d’une femme influente, mais pas quand il s’agit d’un homme qui devient père hors mariage ? »

Mme Mubalama s’insurge contre une hypocrisie sociale persistante qui prétend aimer les femmes, mais ne les respecte que lorsqu’elles se conforment à un modèle patriarcal.

« La ministre n’a rien fait de mal. Au contraire, elle brise un tabou, elle montre qu’une femme peut être libre, ambitieuse, responsable et accomplie tout en choisissant la maternité à sa manière. »

Fidèle à son engagement féministe, elle conclut avec force : « Le corps d’une femme n’appartient à personne. Ses choix ne définissent pas sa compétence. Et la maternité n’efface pas la dignité, elle la renforce. »

Pour Mme Mubalama, il est temps de célébrer ces femmes fortes, libres et sans peur, qui tracent leur propre voie et imposent un nouveau modèle de leadership féminin en République Démocratique du Congo.

En prenant la défense de la ministre Wagner, Passy Mubalama rappelle que la liberté féminine n’est pas une faveur, mais un droit. Un message puissant, porté par la conviction qu’un Congo équitable et moderne se construira avec des femmes assumées, respectées et entendues.

Yassin Ndaye