Nord-Kivu : Un an après le massacre des fidèles Wazalendo, la justice attend toujours
Un an après la mort de plus de cinquante fidèles de l’Église messianique Wazalendo, tués lors d’une manifestation pacifique contre la MONUSCO à Goma, les familles des victimes et les organisations de défense des droits humains dénoncent l’impunité persistante. Malgré la condamnation d’un officier, la majorité des responsables présumés n’ont pas été inquiétés. Activiste engagée, Clarisse Miruho appelle à faire toute la lumière sur cette tragédie et à libérer les femmes arbitrairement détenues depuis le 30 août 2023
Un an après le massacre des fidèles de l’Église messianique Wazalendo, la ville de Goma porte encore la marque d’une blessure qui peine à se refermer. Le 30 août 2023, la manifestation pacifique annoncée par le pasteur Ephrem Bisimwa contre la présence de la MONUSCO avait tourné au drame lorsqu’une intervention des Forces armées de la RDC (FARDC) s’était transformée en une répression meurtrière.
Selon de multiples sources, plus de cinquante fidèles ont perdu la vie dans des circonstances encore obscures. Malgré les enquêtes promises, aucune procédure substantielle n’a été engagée contre l’ensemble des responsables présumés.
Pour Clarisse Miruho, militante des droits humains et défenseure des droits des femmes, l’impunité qui entoure ce massacre est une injustice inacceptable.
« Notre combat est clair : nous voulons la justice pour nos frères et sœurs assassinés. Nous ne pouvons pas tourner la page tant que les responsables de cette tuerie jouissent de l’impunité », affirme-t-elle.
Lors du rassemblement commémoratif organisé à Goma, l’activiste a également attiré l’attention sur le sort de plusieurs femmes et jeunes filles arrêtées arbitrairement le jour du massacre et toujours détenues à la prison centrale de Munzenze, sans jugement et dans des conditions préoccupantes.
Elle salue certes la condamnation isolée d’un officier FARDC, mais estime que le processus judiciaire reste loin d’être à la hauteur de la gravité des faits.
« Condamner un seul officier ne suffit pas. Tous les responsables doivent être traduits en justice. En plus, les chiffres officiels du gouvernement provincial sont loin de la réalité. Nous finalisons un rapport de monitoring que nous rendrons public très bientôt », ajoute-t-elle.
Pour les familles endeuillées et la communauté Wazalendo, le traumatisme reste profondément ancré. Entre douleur, silence officiel et soif de justice, les fidèles refusent de laisser cette tragédie sombrer dans l’oubli.
Un an plus tard, Goma se souvient. Cette journée noire demeure un symbole de violence, d’injustice et d’impunité mais aussi d’une détermination continue à faire éclater la vérité et à obtenir réparation pour les victimes.
La rédaction