Nord-Kivu : Dérives administratives à Kamango, un système de santé sacrifié
La zone de santé de Kamango est plongée dans une crise administrative profonde. Affectations irrégulières, remplacements arbitraires et soupçons de corruption menacent la qualité des soins et mettent en péril la vie de la population. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, coordinateur national de la CRDH, dénonce une situation qu’il juge intenable et appelle à des réformes urgentes.
Une gestion opaque qui fragilise les soins
Selon Jean-Paul Paluku, la Commission collective n°01/237/CAB/GP-NK/2024, émise par le ministère provincial de la Santé le 4 décembre 2024, illustre des dérives administratives inquiétantes. Des agents dépourvus de formation médicale ont été affectés comme infirmiers dans les centres de santé de Kamango, Kamanzara, Musali et Ndama, certains n’ayant même pas terminé l’école primaire. Le Médecin Chef de Zone et d’autres agents qualifiés ont été remplacés sans justification, mettant à mal la stabilité du système sanitaire local.
Ces nominations irrégulières, préparées par la Coordinatrice provinciale de la Santé et signées par l’ancien Gouverneur, le Général Cirimwami, sont entachées d’un manque total de transparence. « Cette gestion opaque laisse planer de sérieux soupçons de corruption et de manipulation politique », déplore-t-il.
Un appel à l’action urgente
Les conséquences sur la population sont immédiates : baisse de la qualité des soins, mise en danger des patients et aggravation des crises sanitaires, notamment la recrudescence du paludisme à Kamango.
Face à cette situation, Jean-Paul Paluku appelle le Gouverneur actuel, le Général Evariste Somo, à annuler la Commission litigieuse, à ordonner un audit complet des affectations récentes et à constituer une nouvelle commission respectant les critères de compétence et de transparence. Il insiste aussi sur la nécessité d’un contrôle renforcé et de mécanismes de reddition de comptes afin d’éviter la répétition de telles dérives.
« La santé publique ne peut être compromise par des pratiques administratives douteuses. Il est urgent de restaurer la confiance et de protéger le système de santé du Nord-Kivu », conclut-il.
✍️ Yassin Ndaye