Pénurie d’eau à Goma : une bombe à retardement dans la lutte contre Ebola

​​​​​​​Depuis une semaine, plusieurs quartiers de Goma manquent d’eau. Dans une ville encore confrontée à des cas d’Ebola, cette crise rend impossible le respect des gestes barrières, notamment le lavage des mains. Les habitants s’approvisionnent à des points non potables, faisant craindre une aggravation de l’épidémie.

Pénurie d’eau à Goma : une bombe à retardement dans la lutte contre Ebola

À Goma, l’eau potable est devenue une denrée rare. Depuis plus d’une semaine, plusieurs quartiers de la ville dont Ndosho, Majengo et Katindo subissent une pénurie sévère. Selon des habitants, les robinets ne crachent quelques litres que quelques minutes par semaine, quand ils ne restent pas totalement à sec.

Conséquence immédiate : le prix de l’eau flambe. Les bidons de 20 litres, habituellement vendus 100 francs congolais, s’arrachent désormais à 250 francs auprès des vendeurs ambulants ou des particuliers disposant de citernes. Dès 5 heures du matin, de longues files d’attente se forment aux rares bornes-fontaines encore alimentées par la REGIDESO.

Cette crise survient au pire moment. À Goma, la lutte contre Ebola n’est pas terminée. Les autorités sanitaires répètent inlassablement que le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon constitue la première barrière contre le virus. Sans eau au robinet, les gestes barrières deviennent impossibles pour des milliers de familles.

« On nous dit de nous laver les mains régulièrement, mais depuis lundi, le robinet est sec. On utilise l’eau des tanks, c’est dangereux », témoigne Élisabeth, mère de cinq enfants, résidant au quartier Kasika.

Un agent de santé d’une ONG internationale, qui a requis l’anonymat, alerte : « Chaque jour sans eau augmente le risque de contamination. C’est un facteur aggravant direct pour Ebola. » Il précise que des familles sont contraintes de s’approvisionner à des points d’eau non potables, voire directement dans le lac.

Si les personnels des bornes-fontaines promettent un rétablissement progressif du service, les habitants redoutent une aggravation de la situation avec l’arrivée de la saison sèche. En attendant, Goma retient son souffle : entre soif et épidémie, chaque goutte d’eau compte.

Nguvumali Mercy