Processus de paix dans les Grands Lacs : les femmes de Goma participent à distance et appellent à un cessez-le-feu effectif

Absentes physiquement à Nairobi en raison de restrictions sanitaires et frontalières, des femmes leaders de Goma ont pris part à distance à une réunion stratégique sur la paix dans la région des Grands Lacs. Elles ont plaidé pour un cessez-le-feu immédiat dans l'Est de la RDC et réclamé une meilleure inclusion des femmes dans les mécanismes de résolution des conflits.

Processus de paix dans les Grands Lacs : les femmes de Goma participent à distance et appellent à un cessez-le-feu effectif

Elles n'étaient pas dans la salle, mais leur voix a bel et bien traversé les frontières. Du 3 au 4 juin à Nairobi, au Kenya, se tenait la réunion stratégique de haut niveau du Comité consultatif pour les femmes, la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. À cette occasion, des femmes de Goma ont participé aux échanges à distance, grâce à un appui logistique de la MONUSCO.

À l'issue des travaux, elles ont appelé à un cessez-le-feu effectif dans l'Est de la République démocratique du Congo. Une condition indispensable, selon elles, pour amorcer une paix durable dans une région meurtrie par des décennies d'insécurité.

Une participation rendue possible par la MONUSCO

La rencontre a réuni les facilitateurs du processus de paix conduit par l'Union africaine, des représentants de la médiation togolaise ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la recherche de solutions durables aux conflits dans les Grands Lacs. Si les femmes de Goma n'ont pas pu faire le déplacement, des dispositions techniques ont permis leur intervention à distance.

« Leur participation était essentielle pour faire entendre les préoccupations des communautés directement touchées par les violences », explique Nathalie Kone Traoré, de la section Genre de la MONUSCO. Elle précise que les restrictions sanitaires et frontalières ont empêché leur voyage, mais que des solutions ont été trouvées pour qu'elles puissent s'exprimer depuis Goma.

Des femmes victimes et actrices de la paix

Au cours des discussions, les participantes ont insisté sur un point : les femmes ne sont pas seulement des victimes des conflits, elles en sont aussi des résolveuses incontournables. Elles subissent de plein fouet les conséquences des crises sécuritaires, tout en jouant un rôle déterminant dans la cohésion sociale et la réconciliation au sein des communautés.

Elles ont donc plaidé pour une plus grande implication des femmes dans les initiatives de paix et les mécanismes de résolution des conflits. « La stabilité de la région ne pourra être consolidée sans une participation active des populations locales, et en particulier des femmes », ont-elles martelé.

Un appel à ne pas laisser sans réponse

Pour ces femmes leaders, la recherche d'une paix durable dans l'Est de la RDC passe par deux exigences : l'arrêt immédiat des hostilités, et l'intégration systématique des femmes dans les processus de dialogue. Leur intervention à distance lors de cette réunion régionale a permis de porter jusqu'à Nairobi la voix des habitants de Goma, souvent réduits au silence par l'isolement et l'insécurité.

Un message fort, adressé aux facilitateurs de la paix, qui résonne désormais au-delà des frontières du Kenya.

Kambale visogho bienfait