RDC – Beni : avec “Sauti ya Amani”, les motards s’imposent comme acteurs clés de la sécurité locale
À Beni, dans la province du Nord-Kivu, les conducteurs de taxi-moto ne se limitent plus à leur rôle de transporteurs. À travers le programme Sauti ya Amani, une initiative de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, appuyée par ses partenaires, ces acteurs du quotidien deviennent des relais essentiels dans la dynamique de paix et de sécurité.
Déployé dans les localités du Grand Nord, Sauti ya Amani met en lumière les initiatives locales qui favorisent la cohésion sociale et le rapprochement entre civils et institutions. Sur le terrain, ce programme est allé à la rencontre des motards de Beni, dont la connaissance fine du territoire s’avère aujourd’hui stratégique.

Dans cette ville marquée par une insécurité persistante, les motards occupent une position privilégiée. Présents dans les quartiers, aux carrefours et sur les axes les plus fréquentés, ils observent au quotidien les mouvements des populations. Une proximité qui fait d’eux des sources précieuses d’informations pour les services de sécurité.
« Nous maîtrisons les mouvements de la plupart des habitants », témoignent certains conducteurs au micro du programme. Une capacité d’observation qui, bien exploitée, peut renforcer les mécanismes d’alerte précoce et de prévention.
Cependant, cette collaboration repose sur un équilibre fragile. Les motards conditionnent leur engagement à des garanties sécuritaires claires. Dans un contexte où les représailles restent une menace réelle, ils exigent la protection de leur anonymat et de leur intégrité après tout signalement.
Du côté de la Police Nationale Congolaise (PNC), cette dynamique est perçue comme une avancée significative. « La collaboration est bonne et nous continuons à travailler avec les conducteurs de taxi-moto pour que la sécurité devienne une réalité ici », affirme Naason Katembo, porte-parole de la police urbaine de Beni.
Pour les autorités sécuritaires, l’efficacité des interventions dépend étroitement de la qualité du renseignement issu de la population. « Sans dénonciation, la police ne peut pas bien faire son travail », souligne-t-il.
En valorisant cette synergie entre motards et forces de l’ordre, le programme Sauti ya Amani illustre une approche participative de la sécurité, où les citoyens deviennent des acteurs à part entière de la stabilisation. Portée par l’UNPC Nord-Kivu, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider la paix à partir des dynamiques locales.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC Suisse).
À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu ambitionne de transformer le rôle des médias, en les faisant évoluer de simples observateurs vers de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
À Beni, cette collaboration naissante entre civils et institutions pourrait ainsi constituer un levier durable pour faire reculer l’insécurité et restaurer la confiance.
-- Rédaction
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