Goma : 5ème édition du Festival Amani pour une intégration régionale

Des personnalités nationales et étrangères exhortent les jeunes de la région à s’approprier le Festival Amani, cet espace qui occasionne l’intégration sociale tout en valorisant la culture. Cérémonie organisée dans l’enceinte du collège Mwanga à Goma, cette 5ème édition a permis à des ministres nationaux de découvrir les talents dévoilés par les entrepreneurs locaux. Un soutien gouvernemental a été promis à ces derniers

Goma : 5ème édition du Festival Amani pour une intégration régionale
5ème édition du Festival Amani

« Le festival Amani est important car il redore l’image de notre ville. Ainsi, les jeunes doivent s’en approprier afin de démontrer au monde entier que Goma n’est pas toujours une zone des conflits comme la plupart des médias étrangers les disent trop souvent », font savoir à l’unanimité Madiya Astrid, ministre national des arts et de la culture, Maggy Rwakabuba, vice-ministre du budget et Abdourahmane Diallo, représentant de l’UNESCO en RD Congo. C’était dans un entretien avec la presse le 11 février dernier dans l’enceinte du collège Mwanga alors que se tenait la dernière journée de la 5ème édition du Festival Amani.

Soucieuses de la paix, ces autorités pensent qu’il est important de venir participer à cette activité dont la paix est au centre de toutes ses attentes. Pour la ministre de la culture, Madiya Astrid, la paix est un élément important pour le développement : « Nous sommes conscient de tous ce qui se passent dans cet espace géopolitique des grands-lacs depuis des décennies, la paix a été brisée et l’insécurité s’y est installée. Et de ce fait, la population n’arrive pas à se développer. Alors, notre présence ici se justifie par le fait que nous sommes optimistes de célébrer déjà la restauration de la paix qui pointe à l’horizon… », explique-t-elle d’un ton engagé.

Pour sa part, Abdourahmane Diallo, représentant de l’UNESCO en RD Congo, s’intéresse beaucoup à la Rumba congolaise, ce style qui véhicule et valorise les valeurs traditionnelles. Tout en appréciant d’autres styles, la même source précise que le Festival Amani témoigne sur le plan culturel, l’union des habitants du Nord-Kivu, de la RD Congo et des pays des grands-lacs : « Le Festival Amani est un facteur d’intégration régionale. Il se définit par la présence des artistes de différentes nationalités qui s’y prestent », dit-il.

L’entreprenariat combat le chômage

Rappelons que ces personnalités, en plus de bouger au rythme de l’artiste congolais Ferre Gola, de l’Ougandais José Cameleon etc., prestés sur différents podiums, ont également appréciés les œuvres d’arts exposés sur plusieurs stands implantés partout au sein de cette école secondaire de la place. Bref, ils ont été captivés par des œuvres qui véhiculent notre culture. « La culture constitue un élément important du lien et de la mobilisation sociale. Celle-ci persiste pendant la guerre et même après, c’est pourquoi elle nous réconforte. Amani ne signifie pas les deux ou trois jours que les gens passent ensemble, il doit être le déclenchement d’une cohabitation pacifique entre congolais eux-mêmes et congolais et ses voisins », conseille Madame Maggy Rwakabuba.

 Après avoir sillonné certains stands au festival, la ministre de la culture était intéressée également par l’esprit managérial des Gomatraciens. Elle avait d’ailleurs indiqué qu’il est urgent de promouvoir et d’encadrer la jeunesse dans l’entreprenariat. Cela, après avoir entré en contact avec le concours « Amani entrepreneurs » conduit par Kivu Entrepreneurs, une maison de formation dans ce domaine : à l’occasion, dix entreprises se sont disputées quatre prix, dont les entreprises gagnantes sont SACPA Entreprise (spécialisée dans la production emballages en papier) Kivu Green (offre de service web mobile et de messagerie qui permet aux agriculteurs de mieux écouler leurs récoltes) et Goma Bio (production des légumes à Goma) et Kivu kuku (production et vente des poussins d’un jour à Goma) : «ces genres d’activités éviteraient les jeunes à être sollicités çà et là dans les groupes armés surtout que nombreux s’y refugient à cause de chômage», a souligné Madame Madiya Esther, en promettant qu’un soutien financier du gouvernement à la prochaine édition du festival Amani est garantie.

Alfred Bukuhi