Nord-kivu:

Héritier Magayane journaliste de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) attaché à l'antenne de  Rutshuru, tué à l'arme blanche le 9 août de ce mois, est une mort de trop qui révolte. Son assassinat est à la base de la campagne « une bougie pour la liberté de la presse» qui s’est clôturée sur toute l'entendue de la province du Nord-Kivu ce vendredi 27 août.

Nord-kivu:
Rosalie zawadi, présidente de l'UNPC-NK devant la presse réunie pour rendre des hommages à leurs confrères assassinés au courant de l'année 2021. Au rond-point Tshikudu de Goma, le vendredi 27 août 2021 en clôture de la campagne

Une centaine des journalistes se sont réunis à la place symbolique « Tshikudu», un rond-point qui identifie la ville touristique de Goma. Initiée par l'Union Nationale de la Presse du Congo section du Nord-Kivu, UNPC-NK, les journalistes ont rendu des hommages à leurs confrères assassinés au courant cette année. Ils ont dénoncés par la même occasion des attaques ciblées dont ils sont victimes.

 

Au crépuscule du vendredi 27 août, en plein centre ville, les chevaliers de la plume et du micro de la ville de Goma se sont réunis au milieu du rond-point « Tshikudu». Une ambiance hors du commun a été observée sur cette place publique.

Bougie à la main, vêtue en noir, visage triste, saint janvier Zihalirwa, coordonnateur de la radiotélévision Shekinah, en a marre des  attaques ciblées contre les journalistes. « La presse est un droit inaliénable pour cette humanité et si on continue à tuer les journalistes c’est-à-dire on veut mettre fin à l’information. Nous n’allons plus accepter.»

D'un ton ferme, ce responsable de l'école de la paix, une ONG sans but lucratif qui dénonce les injustices sociales, dit non au musellement de la presse.

« Nous voulons que toute la communauté internationale et nationale puissent savoir que la presse à hausser le ton. La presse veut avoir cette lumière partout pour que l’information puisse circuler partout sans ambages, sans limite partout au Nord Kivu et en RDC ». martèle saint janvier zihalirwa

Une bougie pour la liberté de presse !

Rosalie Zawadi, numéro un de l'UNPC-NK, est revenu sur le bien fondé de cette activité devant ses acolytes réunis pour la circonstance.

« Une bougie allumée ce soir symbolise un hommage pour tous les journalistes qui ont été tués par les hommes armés non identifiés jusque là, pour qui les enquêtes n’ont pas encore abouti».

Peu avant cette activité, Mme Rosalie a réussi à obtenir un entretien avec le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu. Le général Constant Ndima a promis  de multiplier des efforts pour restaurer la liberté de la presse. En plein État de siège, la province Nord-Kivu est sous un régime militaire qui, met une limite aux manifestations. Mais Mme Rosalie, dans son franc parlé à rappeler au gouverneur que  « la place du journaliste n’est pas dans la tombe, dans la prison ou de vivre en clandestinité. Sa place est dans la rédaction pour aider le gouvernement»

Depuis 2019, des arrestations, agressions, menaces, exécutions, médias suspendus, pillés ou saccagés sont toujours à noter. Les journalistes sont de plus en plus menacés, et cela malgré l’avènement  d’un nouveau régime politique. Felix Antoine Tshisekedi, à son accession à la tête de la RDC avait  promis aux journalistes la protection et la liberté dans l’exercice de leur métier. L'organisation Journaliste en Danger (JED) a répertorié en 2020, 116 exactions commises contre les journalistes.

Augustin sadiki