Équateur-Naufrage : 86 vies englouties, l’État toujours absent
La province de l’Équateur a été frappée par un drame d’une ampleur effroyable : au moins 86 personnes, dont plus de 60 élèves, ont péri dans le naufrage d’une embarcation motorisée, survenu dans la nuit du 10 septembre. Le drame met en lumière les conditions précaires de transport fluvial et l’indifférence des autorités face à la répétition de ces tragédies évitables.
Le territoire de Basankusu, dans la province de l’Équateur, s’est réveillé endeuillé ce jeudi 11 septembre. Dans la soirée précédente, vers 22 heures, une embarcation motorisée dénommée Bokenda a sombré au confluent de la rivière Nsolo et de la grande rivière Baringa.
À bord, des dizaines de passagers, dont une majorité d’élèves qui revenaient de leurs établissements scolaires. Selon le journaliste local Jérémie Degba, basé à Basankusu, « le bilan provisoire fait état de 86 victimes, dont plus de 63 élèves. Seules huit personnes ont pu être secourues grâce à l’intervention rapide des riverains ».
Les causes du drame pointent déjà une triste habitude : surcharge manifeste, mauvais arrimage et navigation de nuit, une combinaison mortelle que dénoncent depuis longtemps les populations riveraines. Pourtant, malgré la répétition des naufrages à travers le pays, les mesures de sécurité semblent toujours reléguées au second plan.
L’émotion est vive, mais aussi la colère : comment accepter qu’autant de vies, surtout celles de jeunes élèves, soient fauchées dans des conditions qui auraient pu être évitées ? Ce naufrage s’ajoute à la longue liste de catastrophes fluviales qui endeuillent régulièrement la RDC, où les infrastructures et les contrôles demeurent quasi inexistants.
Les Congolais pleurent encore leurs morts et réclament des mesures concrètes pour que de telles tragédies ne soient plus la norme. Mais comme le rappelle un proverbe : « Quand le malheur s’installe, seuls les actes parlent plus fort que les promesses. » Attendons voir si cette fois, les autorités transformeront les larmes en actions.
La rédaction