« Information comme bien public », qu’en est-il de l’indépendance du journalisme par rapport aux factions ?

« Information comme bien public », qu’en est-il de l’indépendance du journalisme par rapport aux factions ?

« Information comme bien public », qu’en est-il de l’indépendance du journalisme par rapport aux factions ?

Alors que le journalisme s'élargit et évolue pour répondre aux besoins d'un public plus engagé, issu des mouvements qui ont agités la société congolaise dans les années 1960 et de la démocratisation de la communication liée au progrès technologique, avec l'émergence des réseaux sociaux et sites d'informations . La ville de Goma, connait ces jours- ci un essor non négligeable des chaînes des radios et télévisions, des conglomérats des journalistes, des sites d'informations, des journaux,... Mais qu'est-ce qui permet de donner à quelque activité le nom de journalisme ? Partant de l'un des principes directeurs du journalisme: «le journalisme doit être en priorité au service des citoyens». La foi que le citoyen accorde à un organe de presse est fondée sur la certitude. Une certitude que ceux qui dispensent l'information ne sont nullement empêchés de creuser en tous sens pour découvrir la vérité et la dire même si elle est contraire aux intérêts financiers du propriétaire de l'entreprise de presse.

Le nom de journalisme est donné à une activité qui respecte la vérité et l'ambition de servir les citoyens, l'observation vigilante de la société et de l'action de ceux qui la dirigent et le fait d'offrir un forum au débat public.

Pour garder constamment l’ambition de rester un journaliste, il faudra garder en tête et dans l’esprit que nous devons la fidélité sans concession à la vérité. Comme le dit ce vieil axiome du métier: «dans le doute, abstiens-toi ». Pour différencier le journalisme et d'autres activités comme la propagande, les communications politiques ; Je suis partis de l'idée de Maggie GALLAGHER étudiante à Yale vers les années 1980 qui souscrit à tous les principes relatifs à la recherche de la vérité et à l'obligation de vérification qui guident tout Journaliste. Elle croit en la nécessité d'être en priorité au service des citoyens. «C'est cela qui différencie le journalisme du propagandiste »; explique-t-elle.

Et, pour accomplir cette tâche, ajoute-t-elle, il est essentiel de se maintenir à distance des factions :« Je crois qu'il est possible d'être un journaliste honnête tout en servant une cause. En revanche, il n'est pas possible d'être un journaliste honnête en servant une personne, un parti politique ou une faction, [...]».


Indépendance  journaliste par rapport à son origine ethnique et à sa religion.

Au cours de ce huit dernières années plusieurs chaînes de radios et télévisions ont vues le jour en ville de Goma. C'est qui est à la base d'une augmentation considérable du nombre des journalistes dans la ville. Avec une très grande diversité ethnique et de religion, la ville de Goma connait un sérieux problème de la diversité au sein des équipes rédactionnelles. Malgré les efforts fournis par certains responsables des médias.

Une série des questions concernant la diversité devrait être abordée de front : dans quelle mesure l'appartenance ethnique ou la religion peuvent-ils être assimilés à l'identité et à la compétence ? Estimons-nous que seuls les membres d'une telle ou telle autre tribu sont susceptibles de couvrir correctement les questions concernant leur tribus, des catholiques celles des catholiques, etc. ? Un bon Journaliste ne devrait-il pas être capable de couvrir n'importe quel sujet ?
Il existe des solutions beaucoup plus fertiles. L'évidence s'impose d'ores et déjà dans les salles de rédaction où ne règnent pas une diversité suffisante; sont incapables de faire correctement leur travail. Elle laissent passer des informations. Leur couverture de l'actualité est incomplète. 


L'essentiel, comme le préconise Maggie GALLAGHER, c'est de rester fidèle aux principes fondamentaux du journalisme : recherche de la vérité et volonté d'informer pleinement le public. Il en est de cela comme de l'idéologie politique : la question n'est pas la neutralité mais l'objectif effectivement poursuivi. Cet appel à l'indépendance par rapport aux factions doit,  dans la pratique professionnelle, se situer au-dessus de la culture et du parcours personnel du journaliste. Quel que soit l'adjectif attaché à sa personne hutu, nande, kumu, shi, hunde, musulman, catholique, protestant, kimbaguiste, etc., ce qualificatif doit être descriptif, mais non limitatif. Il s'agit d'un journaliste qui se trouve être, aussi, nande, catholique et non d'un homme ou d'une femme qui est prioritairement nande et secondairement journaliste. Son appartenance ethnique, sociale ou religieuse donne une certaine éclairage à son travail, mais ne lui dicte pas sa conduite professionnelle.

Que vive la liberté de la presse du journalisme indépendant.

Augustin SADIKI